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Fanfiction Potter 5

Cinquième année (1995)

L'été qui suivit les terribles événements de ma quatrième année à Poudlard commença très durement. L'oncle Vernon n'avait pas pris que non seulement j'embrasse un espèce de fou en public comme il le disait, mais qu'en plus je lui réponde devant tous « ces gens bizarres ». Il avait donc décidé que ce serait le régime militaire pour moi. Harry protesta et c'est ainsi qu'il eut droit au même sort. Et moi qui pensais que j'aurais le temps de me remettre de mes émotions. Évidemment, cet été-là, Olivier ne put venir chez nous puisque l'oncle Vernon m'interdisait d'avoir des visiteurs. Il avait même ajouté: « Surtout lui! ». Au moins, je recevais des lettres de lui régulièrement, mais apparemment, nos amis nous avaient oubliés. J'ai bien reçu quelques lettres d'Émilie au cours de l'été, mais pour ce qui est de Ron, d'Hermione ou d'Isabelle, leurs rares lettres ne disaient pas grand chose. En plus, malgré ce qui nous était arrivé, personne ne semblait se soucier de notre sort. Nous avions été bêtement renvoyés chez les Moldus sans aucune nouvelle de ce qui se passait dans le monde des sorciers. J'avais questionné Émilie là-dessus, mais elle me dit qu'elle n'avait pas le goût de parler de malheur. Olivier, lui, disait que je devais éviter de penser à tout cela et que d'avoir des nouvelles des terribles choses que faisait Voldemort ne m'aiderait pas à me remettre de ma fin d'année. Je me résignai donc et je me jetai dans les tâches quotidiennes. Pour Harry, c'était différent. Je sentais qu'il bouillait intérieurement. Il était là, à mes côtés, mais il me parlait de moins en moins. Il prenait toujours ma défense lorsque l'oncle Vernon ou la tante Pétunia m'importunait, mais je crois qu'il était plutôt frustré de n'avoir aucune nouvelle de ses amis, ni de Sirius, ni de Dumbledore. À chaque fois que j'essayais d'en parler avec lui, il se mettait en colère. Ensuite, il s'excusait et il me serrait dans ses bras. Nous avions aussi tous les deux de terribles cauchemars. De mon côté, je revoyais sans cesse tout l'épisode du cimetière. Harry, quant à lui, ne voulait pas me parler de ses rêves et il m'interdisait d'essayer de lire ses pensées.

« Vas-tu arrêter de m'embêter avec ça ? », m'a-t-il dit une nuit où il s'était réveillé en hurlant.

- Ça te ferait du bien d'en parler, Harry, lui dis-je.

- Je fais probablement les mêmes rêves que toi, alors, inutile d'en parler.

- Harry, je sens que le lien entre nous est en train de se briser.

- Mais non, qu'est-ce que tu veux dire?

- Tu ne me parles presque plus et tu te fâches chaque fois que je voie que tu souffres. Tu as le droit de souffrir toi aussi, tu sais?

- Tu interprètes trop. Je sais que je ne suis pas facile à vivre ces temps-ci, mais je me sens si seul sans mes amis. D'habitude, c'est un réel réconfort pour moi d'avoir leurs lettres. Pour toi, ce n'est pas pareil. Tu as Olivier et Émilie. Ce n'est pas contre toi que je suis en colère, mais contre mes amis, s'ils le sont encore.

- Mais bien entendu qu'ils le sont encore. Ils doivent avoir une raison de ne pas nous écrire.

- Si tu le dis!

- Nous devrions arrêter de penser à ça et essayer d'avoir un peu de plaisir pour nous changer les idées. Qu'en penses-tu?

- Je crois que tu as raison. Nous pourrions aller au parc ce soir. Il fait si chaud. Nous partirons après le bulletin de nouvelles. Il faut quand même que je me tienne au courant.

- D'accord!

Nous nous rendormîmes et pour une fois, je ne fis pas de cauchemar. À mon réveil, je vis qu'Harry semblait moins en colère. La journée fut plutôt agréable après cette discussion. Même les crises de la tante Pétunia n'arrivaient pas à le faire sortir de ses gonds. Je pensais que nous arriverions à être heureux quelque temps, mais je ne savais pas ce qui s'en venait!

J'avais décidé d'écrire à Olivier pendant que Harry écoutait le bulletin de nouvelles. Ce n'était pas que je me foutais de ce qui se passait, mais je doutais qu'on apprenne grand chose dans les nouvelles moldues. Pourtant, Harry était convaincu qu'on aurait des indices. Quoi qu'il en soit, j'étais en train d'écrire à Olivier lorsque j'entendis un craquement, suivi d'un hurlement et d'un bruit de porcelaine cassée. Je pris aussitôt ma baguette et je descendis rejoindre Harry dehors. Celui-ci venait de se cogner la tête et l'oncle Vernon semblait vouloir le tuer. Je compris pourquoi; Harry avait lui aussi sorti sa baguette. Notre oncle était convaincu que c'était Harry qui avait fait ce bruit. En me voyant arriver, il se tourna vers moi en me disant que c'était peut-être moi qui l'avait fait. Je lui répondis que non, que j'étais en train d'écrire une lettre dans ma chambre. Puis, la tante Pétunia se mit de la partie. Avant que ça ne dégénère, Harry me prit par le bras et nous quittâmes la maison pour aller au parc. Tout le long du chemin, nous échangeâmes au sujet du craquement. Harry pensa que c'était peut-être Dobby, mais j'en doutais. En tout cas, une chose était certaine, quelqu'un qui avait des pouvoirs magiques s'était tenu près de Harry. Notre conversation se détourna vers nos amis. Harry se demandait pourquoi tout le monde semblait si occupé. Je lui dis qu'il devait préparer la résistance, mais il se fâcha encore une fois en me disant que c'est nous qui devrions en préparer une. Je lui dis de se calmer en lui rappelant qu'ils n'avaient quand même pas oublié notre anniversaire. Arrivés au parc, nous continuâmes notre conversation assis sur les deux seules balançoires fonctionnelles. Après quelque temps, nous entendîmes au loin des voix qui nous semblaient familières; il s'agissait de Dudley et de ses amis. Pourtant, ils ne nous virent pas et continuèrent leur chemin. C'est alors qu'Harry me dit que nous devrions rentrer si nous ne voulions pas avoir de problème.

Après un bon moment de marche silencieuse, nous rejoignîmes Dudley et sa bande. Nous attendîmes qu'il soit seul pour l'approcher. Harry ne put s'empêcher de le taquiner un peu. Puis, Dudley dit ce qu'il ne devait pas dire. Il ria des nombreuses nuits où l'un de nous deux, si ce n'est pas les deux qui se réveillaient en criant et souvent! en pleurant. Comme je l'ai dit plus tôt, Harry était plutôt colérique durant cette période. Il se produisit alors l'inévitable, il sortit sa baguette. Je le laissai faire puisque je croyais que Dudley l'avait mérité.

Mais, tout à coup, tout devint froid et sombre. Harry me regarda. Je savais qu'il n'avait rien à voir là dedans et moi non plus. Dudley, lui, était convaincu que c'était l'un de nous deux qui avait créé ce phénomène. Je sortis ma baguette et je scrutai les environs, mais avec cette noirceur, je n'y voyais rien. J'entendis alors quelque chose approcher. Je jetai un regard à Harry qui semblait lui aussi percevoir la chose. Dudley perdit patience et frappa Harry. Je me précipitai alors sur Harry pendant que Dudley prenait la fuite. Harry lui cria d'arrêter puisqu'il se dirigeait vers la chose. J'allumai ma baguette et je vis ce que je ne voulais pas voir, un Détraqueur. Il s'approchait de nous. Harry essaya de lancer un Spero Partonum, mais ne réussit pas. J'essayai à mon tour, mais toujours rien. Le Détraqueur prit Harry et le souleva. J'essayai encore le sortilège, mais je n'arrivais pas à me concentrer. Après quelques essais, Harry réussit enfin et il me cria de courir vers Dudley pour le protéger.

Voyant qu'il avait la situation en main, je fis ce qu'il me demandait. Tout en courant, j'essayai de mon concentrer. Je pensais très fort à Olivier et cela me redonna un peu de courage. Je n'eus pas de difficulté à trouver Dudley, il n'était pas très loin, mais un deuxième Détraqueur l'avait attrapé et semblait sur le point de lui donner un baiser. Aussitôt, je prononçai l'incantation et! je réussis à produire une Patronus. J'avais enfin chassé ce Détraqueur. Harry arriva au même moment. Tout redevint normal. Mais pourquoi des Détraqueurs de trouvaient dans notre quartier? Harry se posa la même question. Je me penchai sur Dudley pour voir s'il était en mesure de se lever puisque nous devions retourner à la maison avant qu'il n'arrive autre chose. Harry se leva d'un bon. Je n'avais rien entendu, mais je m'aperçus soudain que quelqu'un approchait. Je la reconnus aussitôt. C'était Mrs. Figg, celle qui m'avait élevée.

Elle nous dit de ne pas ranger nos baguettes et elle semblait furieuse à propos d'un certain Mondingus Fletcher qui était censé nous surveiller. C'était lui qui avait transplané dans la cour un peu plus tôt. Nous apprîmes alors que Mrs. Figg était une Cracmol et que c'était pour cela qu'elle était au courant du monde des sorciers et qu'elle m'avait accueillie quand j'étais bébé. Elle avait aussi vu les Détraqueurs. Elle se mit alors à crier à Dudley de se relever. Il fallait nous mettre à l'abri puisqu'elle ne pouvait pas nous aider. Dudley, effrayé et affaibli, ne pouvait pas bouger. Harry me fit signe de l'aider et à deux, nous réussîmes à le relever et à le faire marcher jusqu'à la maison. Sur le chemin du retour, pendant qu'Harry s'entretenait avec Mrs. Figg, je réfléchissais à toute cette histoire. Donc, Dumbledore avait chargé quelqu'un de nous surveiller. Il se souciait de nous, ce qui était une bonne nouvelle.

Arrivés au 4 Privet Drive, Mrs. Figg nous laissa là et j'ouvris la porte. Je reculai juste à temps puisque Dudley vomit dans l'entrée au moment où tante Pétunia arriva. Harry lâcha Dudley et l'oncle Vernon le soutint pour le diriger vers le salon. Pendant qu'ils essayaient de comprendre ce qui lui était arrivé, ils ne se souciaient pas de nous. Je fis signe à Harry de se diriger doucement vers notre chambre. Nous venions d'atteindre l'escalier quand Dudley dit que c'était Harry qui lui avait fait ça. Nous avons eu ensuite droit à l'interrogatoire en règle, mais au moment où Harry allait leur expliquer ce qui était réellement arrivé, deux hiboux entrèrent dans la pièce. Il y avait une lettre pour moi et une autre pour Harry. Apparemment, tout se savait rapidement dans le monde magique. Le Ministère était déjà au courant que nous avions jeté tous les deux un sortilège du Patronus. Selon la lettre, nous étions renvoyés de Poudlard, ils allaient détruire nos baguettes et nous allions devoir aller à une audience disciplinaire au Ministère. J'étais effondrée. Je jetai un regard à Harry pour constater qu'il avait reçu la même nouvelle que moi. Heureusement qu'il était près de moi, parce que je me sentis faiblir. Harry me soutint et m'amena m'asseoir à la table de la cuisine. Il s'assit à son tour et me prit la main. Il était lui aussi en état de choc. Nous étions renvoyés de Poudlard. Qu'allions-nous devenir? Je lus les pensées de mon jumeau. Il réfléchissait au moyen de prendre la fuite. Comprenant que j'avais suivi ses pensées, il me tira par le bras et sortit sa baguette. Il avait raison; la seule solution était de fuir. Soudain, il y eut un nouveau Crac! et nous vîmes un autre hibou. C'était celui des Weasley. Il apportait une nouvelle lettre écrite par M. Weasley qui nous disait de rester dans la maison, de ne pas faire usage de la magie et de ne pas rendre notre baguette. Il nous disait aussi que Dumbledore était au Ministère et qu'il essayait d'éclaircir les choses. Harry me regarda. Qu'est-ce qui était le mieux pour nous? Fuir ou attendre qu'on vienne nous chercher? Je proposai mentalement à Harry que si Dumbledore s'occupait déjà de la situation, nous étions mieux de rester là où nous étions et d'attendre. Harry fut d'accord avec moi.

Je tendis l'oreille pour tenter de percevoir l'arrivée des gens du Ministère. Il fallait résister jusqu'à ce que Dumbeldore nous vienne en aide. L'oncle Vernon en profita pour éclaircir les choses avec nous. Dudley accusait toujours Harry et celui-ci expliqua ce que contenaient les lettres que nous avions reçues. J'écoutais sans rien dire, mais l'oncle Vernon n'écoutait pas vraiment Harry. Je lui dis alors que ce n'était pas Harry qui avait attaqué Dudley, mais un Détraqueur. L'oncle Vernon me demanda ce qu'était un Détraqueur, mais à ma grande surprise, ce fut la tante Pétunia qui répondit. Elle lui expliqua que c'étaient les gardiens de la prison d'Azkaban qui était notre prison de sorciers. J'étais bouche bée. Harry lui demanda alors comment elle savait cela. Apparemment, elle avait entendu nos parents en parler. Elle confirma donc à l'oncle Vernon que les Détraqueurs existaient vraiment. Durant le silence qui suivit, deux autres hiboux arrivèrent. Nous avions encore chacun une lettre du Ministère qui nous disait que notre baguette ne serait pas détruite et que nous expulsion serait examinée lors de notre audience. Bon, au moins, il y avait un espoir que nous ne soyons pas expulsés de Poudlard. Nous devrions cependant affronter quand même l'audience disciplinaire. J'avais besoin de réfléchir et j'avais hâte de tout écrire à Olivier. Ensuite, l'oncle Vernon demanda à Harry de lui expliquer exactement ce qui s'était passé, ce qu'il fit. Puis, tout pour calmer l'oncle Vernon, deux hiboux entrèrent encore. Une lettre venait de Sirius et l'autre de Remus. Ils nous disaient tous les deux de rester dans la maison. Puis, la discussion reprit entre Harry et l'oncle Vernon. Ce dernier se fâcha un peu plus tard après moi.

Il me dit: «Et toi, tu ne dis rien? Tu étais là et tu n'as rien à dire? Est-ce que ton frère dit la vérité? »

- Harry a parfaitement raison, lui dis-je. Tout ce qu'il vous a dit est vrai. Je lui laisse le loisir de tout vous raconter pendant que je réfléchis aux raisons pour lesquelles deux Détraqueurs de retrouvaient ici. J'aimerais donc me retirer, si ça vous convient, pour réfléchir en paix et écrire à Olivier pour le mettre au courant.

- Pourquoi tous les gens de votre espèce semblent savoir ce qui s'est passé, mais pas ton hurluberlu?

- Il ne doit pas se trouver au même endroit que tous ceux qui nous ont écrit et ce n'est pas un hurluberbu, c'est mon amoureux!

- Quoi qu'il en soit, tu restes ici le temps que je comprenne ce qui se passe!

- Si tu veux!

Harry me regarda et je lui demandai intérieurement si ça lui dérangeait de continuer l'interrogatoire pendant que je réfléchissais au problème. Il me répondit que non. La discussion reprit donc entre l'oncle Vernon et Harry. J'en perdis le fil jusqu'à ce que j'entendis l'oncle Vernon dire qu'il nous mettait à la porte. Je regardai Harry. Il était sous le choc. Je lui dis qu'il fallait absolument qu'on reste dans le maison puisque selon tout le monde, nous y étions en sécurité. Harry approuva. L'oncle Vernon était furieux. Surtout qu'un autre hibou arriva. Il apportait une beuglante qui était adressée à la tante Pétunia. Qui pouvait bien lui écrire? Tout à coup, la beuglante explosa et nous entendîmes: Souviens-toi de ma dernière, Pétunia. Je n'y comprenais rien, mais cela sembla la convaincre de nous laisser rester là. Harry la questionna, mais l'oncle Vernon nous ordonna d'aller dans notre chambre. Enfin, nous pourrions discuter et je pourrais écrire à Olivier.

Une fois en paix, j'eus avec Harry une discussion disons enflammée. Harry était furieux. Pas contre moi bien entendu, mais contre tous ceux qui nous tenaient dans l'ignorance. Je ne cessais de lui répéter qu'ils avaient sûrement leurs raisons d'agir ainsi, mais je commençais moi aussi à être un peu fâchée contre eux. Pourquoi personne ne nous expliquait rien? Pourquoi Dumbledore ne nous avait-il pas écrit pour nous en dire plus? Qui avait écrit à la tante Pétunia? Comme Harry ne voulait rien entendre et qu'il voulait écrire à Sirius, Ron et Hermione, je décidai qu'il était temps que j'écrive moi aussi à Olivier. Je lui racontai toute l'histoire en lui disant de ne pas s'inquiéter, que Dumbledore semblait croire que nous étions en sécurité chez notre oncle et notre tante. Ce que je craignais le plus, c'est qu'il ne décide de se présenter chez nous. Cela aurait ravivé les discussions avec l'oncle Vernon. D'un autre côté, j'aurais vraiment aimé le voir. J'avais un grand besoin qu'il me prenne dans ses bras.

Pendant que je pensais à ça, je vis Harry faire les cent pas dans la chambre. Nos hiboux étaient sortis et il ne pouvait pas envoyer ses lettres, ce qui le rendait encore plus en colère. Lorsqu'il aperçut Hedwige, il se mit à crier après elle. Je lui dis qu'elle ne lui avait rien fait, qu'elle n'était pas responsable de ce qui nous arrivait, mais il se contenta d'attacher brusquement les lettres à ses pattes tout en me jetant un regard noir. Lorsque Hedwige partit, il se jeta sur son lit sans rien dire. Je commençais à en avoir marre de ses colères. Griffon arriva à son tour et je pus envoyer ma lettre. Après plusieurs minutes de silence, Harry se calma et s'excusa de son attitude. Nous nous couchâmes par la suite, mais je ne réussis à dormir qu'aux petites heures du matin.

Le lendemain, nous restâmes dans notre chambre puisque les Dursley avaient décidé de nous y confiner. Nous avions le droit de sortir seulement pour aller aux toilettes et la tante Pétunia nous apportait à manger à l'heure des repas. Griffon était aussi de retour avec une lettre d'Olivier, mais pas Hedwige. Cela raviva la colère de Harry, mais il décida de la vivre dans le silence plutôt que de m'engueuler. Je lus donc aussitôt la lettre d'Olivier. Il était très inquiet et un peu fâché du fait que je lui interdisait de venir à Privet Drive. Je lui répondis donc immédiatement pour le rassurer. Ensuite, j'ai décidé d'avoir une discussion avec Harry au sujet de ce confinement, mais il me dit calmement qu'il aimait mieux ne pas me parler puisqu'il était tellement en colère qu'il avait peur que cette rage se déverse encore sur moi. Je lui proposai de faire nos devoirs de vacances, mais il me répondit qu'il n'était pas capable de se concentrer, surtout qu'on risquait d'être renvoyés. De mon côté, je pensais qu'il valait mieux faire nos devoirs parce que nous ne serions sûrement pas expulsés. Dumbledore verrait à cela. Il faut dire que j'étais plus positive que Harry et que j'avais, malgré la façon dont il nous traitait ces temps-ci, une confiance inébranlable en Dumbledore. Je décidai donc de laisser Harry se morfondre et je me mis à mes devoirs.

Cette situation dura trois jours. Harry n'avait toujours pas de nouvelles d'Hedwige. Je croyais qu'il allait devenir fou. De mon côté, je recevais au moins une lettre par jour d'Olivier. La troisième journée, voyant qu'il ne voulait pas encore discuter, j'arrêtai Harry et je le serrai dans mes bras pendant de longues minutes. Il me dit par la suite que cela lui avait fait le plus grand bien et nous avons enfin réussi à discuter calmement. Il me fit part de ses inquiétudes et il constata que j'avais les mêmes. Nous échangeâmes ainsi de longues heures. Le soir venu, nous nous couchâmes en espérant avoir des nouvelles le lendemain matin. Pourtant, ce fut une autre surprise que nous eûmes. L'oncle Vernon entra dans la chambre. Harry me jeta un regard sans dire un mot. Il nous annonça qu'il sortait avec Pétunia et Dudley et qu'il nous était interdit de sortir de la chambre. Il verrouilla même la porte pour être certain que nous allions lui obéir et ils partirent. Harry se recoucha, mais je lui dis que j'espérais qu'ils ne soient pas partis trop longtemps quand même.

Soudain, il y eut un bruit venant de l'étage en-dessous. On aurait dit de la vaisselle cassée. Il y eut un silence, puis nous entendîmes des voix. Harry me fit signe de prendre ma baguette et de rester en silence. Quelques instants plus tard, il pensa, sachant que je lisais ses pensées, que nous devrions descendre pour aller voir ce qui se passait. Je lui dis que c'était une bonne idée. Il déverrouilla la porte et nous sortîmes de la chambre. En regardant en bas de l'escalier, je vis des silhouettes dans le hall. Harry se mit devant moi et leva sa baguette, mais quelqu'un nous dit de baisser nos baguettes avant de blesser quelqu'un. Harry reconnut la voix, c'était celle de Maugrey. Il nous dit de descendre. Harry me fit penser d'essayer de lire ses pensées pour être certain que c'était lui, mais je ne réussis pas. Je ne pouvais lire les pensées de personne, sauf celles de Harry. Quelqu'un d'autre parla: « Ne t'inquiète pas, Catherine. Nous sommes venus vous chercher. Tu ne réussiras pas à lire nos pensées et c'est mieux ainsi. »

Je reconnus immédiatement cette voix. C'était celle de mon parrain, Remus Lupin. Une sorcière qui était avec eux alluma sa baguette. J'avais une soudaine envie de me jeter dans les bras de mon parrain, mais je me retins de peur que ce ne soit des imposteurs. Maugrey sembla penser que c'était nous les imposteurs, mais lorsque nous eûmes répondu correctement à leurs questions, tout rentra dans l'ordre. Nous descendîmes enfin le reste de l'escalier et Remus me prit dans ses bras. J'étais soulagée! Des sorciers allaient enfin nous aider. Nous n'avions pas été abandonnés. Ils nous expliquèrent comment ils avait fait fuir les Dursley. Remus nous dit ensuite que nous allions partir avec eux, mais apparemment pas pour le Terrier. Il disait qu'il fallait attendre le feu vert et en profita pour faire les présentations avec tous les sorciers présents. C'était notre garde rapprochée. Celle qui me sembla la plus sympathique, en dehors de mon parrain bien sûr, était la plus jeune, Tonks. Harry posa alors une question très intelligente. Comment allions-nous nous déplacer? Remus répondit que nous utiliserions des balais comme nous étions tous les deux très habiles. Puis, quelqu'un suggéra qu'on aille faire nos bagages, ce que nous fîmes immédiatement. Tonks était montée avec nous et nous expliqua qu'elle était un Auror. Harry lui posa beaucoup de questions là-dessus puisque c'est ce qu'il voulait faire dans la vie. Une fois le travail terminé, nous redescendîmes, mais quelque chose me tracassait. Comment allais-je faire pour avertir Olivier de l'endroit où nous serions s'ils refusaient tous de nous dire où c'était? Tonks me répondit qu'on verrait ça une fois rendus là-bas. Puis, Maugrey nous désillusionna. C'était assez amusant de se voir disparaître comme ça. Maugrey nous donna les dernières instructions, nous reçûmes le signal et nous partîmes en volant. Le voyage fut intéressant, même si nous étions gelés jusqu'aux os. Nous arrivâmes enfin. Maugrey nous donna à chacun un papier en nous demandant d'apprendre par coeur ce qui y était inscrit. C'était une adresse, le quartier général de l'Ordre du Phénix se situe au 12, square Grimmaurd, Londres. Après quelques secondes, il reprit les papiers et y mit le feu. Mais qu'était l'Ordre du Phénix? Personne ne voulut nous répondre.

J'avais beau regarder autour de moi, mais je ne voyais pas le nombre 12. Remus me dit de penser très fort à ce qui était écrit sur le papier et une maison apparut entre les numéros 11 et 13. Nous entrâmes dans cette maison apparemment invisible aux yeux des Moldus. Mrs Weasley apparut, nous serra dans ses bras, nous dit que nous ne pourrions pas manger tout de suite et que nous devrions attendre que la réunion de l'Ordre se termine en compagnie de Ron et d'Hermione. Elle nous dirigea ensuite à notre chambre en nous disant que nous ne pouvions assister aux réunions si nous n'étions pas membres de l'Ordre. Cette maison me semblait plutôt bizarre! Où étions-nous et pourquoi tous ces secrets? Devant le refus de Mrs Weasley de nous dire quoi que ce soit, Harry s'enragea de nouveau. Je lui dis qu'il ne fallait pas s'énerver et que Ron ou Hermione allait sûrement répondre à nos questions. Cela ne le calma pas du tout. Harry entra le premier dans la chambre que Mrs Weasley nous désigna. Quelqu'un fondit sur Harry en poussant un cri perçant. Je sortis ma baguette, mais je m'aperçus rapidement que c'était Hermione qui lui avait sauté dans les bras. Une fois qu'elle le lâcha, ce fut à mon tour de me faire étreindre. Ron était là aussi et ils nous expliquèrent que c'est Dumbledore qui leur avait dit de ne rien nous révéler. Hermione nous expliqua aussi que nous ne verrions plus Isabelle puisqu'elle était retournée en France pour y étudier à Beauxbâtons étant donné le danger qui nous guettait à cause de Voldemort.

Harry continua de poser des questions, mais je sentais que cela ne lui faisait aucun bien et qu'il voulait être seul. La tension montait. Moi aussi j'étais un peu en colère contre Dumbledore qui nous avait mis à l'écart de ce qui se passait, mais je n'en voulais pas à Ron ou à Hermione. Après tout, ils n'avaient fait que suivre les ordres de Dumbledore. Je tentais de ramener Harry à la raison, mais cela ne fit qu'augmenter sa colère. Tout à coup, il explosa. Il criait toute sa rage. Hermione en avait les larmes aux yeux. J'eus la merveilleuse idée de toucher Harry pour le calmer, mais il me repoussa assez violemment. C'est alors qu'il se calma, mais c'était maintenant à mon tour d'être en colère. Mon frère jumeau, le seul être de ma famille encore en vie, osait me repousser de la sorte. Jamais je n'aurais penser ça. Il tenta de s'excuser, mais je ne l'écoutais pas. J'avais l'impression de manquer d'air. Je sortis de la chambre et je claquai la porte avec force. Je marchai le long d'un corridor sans vraiment savoir où j'allais et je décidai de monter quelques étages. Lorsque je commençai à me calmer, j'étais complètement perdue dans cette maison que je ne connaissais pas. Je me sentais vraiment seule. J'avais envie de voir Olivier et qu'il me serre dans ses bras. Puis, je me sentis pleine de remords. Qu'est-ce qui m'avait pris de m'emporter de la sorte? Ce n'étais pas tout à fait mon genre. Il faut dire que ce que nous avions vécu dans les dernières semaines me rendait plutôt nerveuse. Je devais aller voir Harry pour m'excuser et pour avoir une bonne discussion avec lui.

J'eus un peu de difficulté à retrouver mon chemin, mais à un certain moment, j'entendis des voix discuter. J'avais retrouvé la chambre. J'entrai et tout le monde se tut. Je demandai à Harry si nous pouvions parler seul à seul. Heureusement, Mrs Weasley arriva au même moment pour dire que nous pouvions descendre manger. Les autres sortirent de la chambre et nous pûmes discuter en paix.

« Je suis désolée de m'être emportée tout à l'heure. Je crois que tout cela m'affecte plus que je ne le pensais », lui dis-je.

- Ne t'inquiète pas avec ça! C'est moi qui doit plutôt s'excuser. Je ne pensais jamais qu'un jour, je pourrais te faire du mal. J'étais tellement enragé que je ne contrôlais plus rien.

- Tout est pardonné. Je sais que c'est difficile de ne rien savoir. J'ai bien senti que tu en voulais à Ron et à Hermione, mais il faut que tu comprennes que ce n'est pas de leur faute s'ils ont agit de cette façon.

- Ça va, ça va, j'ai compris!

- Il faut que tu me promettes de tenter de contrôler ta colère. Je sais que c'est difficile. Je sens qu'il y a quelque chose d'étrange qui se produit en toi. C'est comme si une force augmentait la colère que tu ressens.

- D'accord, je vais faire attention et je te promets de ne plus jamais de faire de mal. Je tiens vraiment à toi et tu es la seule personne qui soit capable de me comprendre.

- Prend-moi dans tes bras alors et n'en parlons plus!

Nous descendîmes rejoindre les autres et Harry m'expliqua tout ce que j'avais manqué. Il me parla de l'Ordre du Phénix, de ses membres, etc! Rendus en bas, nous tombâmes sur Sirius. Il nous expliqua que nous étions dans sa maison. Arrivés à la salle à manger, Remus me fit signe de venir m'asseoir près de lui. Il s'inquiétait beaucoup de moi. Il me dit même qu'il était un peu fâché que les gens se soucient si peu de moi. Je lui répondis que j'y étais habituée et qu'en général, ça faisait plutôt mon affaire. Il me demanda si j'avais vu Olivier pendant l'été, mais je lui expliquai que cela aurait été plutôt compliqué chez les Moldus. Je lui demandai si je pouvais le faire venir, mais il me répondit que non et que je ne pourrais pas non plus lui dire quoi que ce soit au sujet de l'Ordre. C'était comme si j'avais reçu un coup dans l'estomac. Non seulement je ne pourrais pas voir Olivier, mais en plus, je ne pourrais pas lui parler de mes inquiétudes! Comment allais-je faire? Remus ajouta aussi que Dumbledore voulait me parler en privé dès qu'il serait disponible. Je lui demandai pourquoi, mais il me répondit que je le saurais bien assez tôt. Qu'est-ce qu'il préparait encore? Pour me rassurer, Remus précisa qu'Olivier pourrait quand même m'accompagner à l'audience si je promettais de ne rien lui dire à propos de l'Ordre. Puis, ce fut le temps de manger, mais je n'avais pas tellement faim. J'aurais tellement eu besoin de voir mon Olivier. Il me semble qu'après ce que nous avions vécu, j'aurais eu droit à ce privilège. Mais non! Il fallait que j'endure ça seule. Au moins, je m'étais réconciliée avec Harry. Remus me dit de m'amuser un peu et dirigea son attention vers M. Weasley et Bill. Les autres semblaient rigoler, mais je n'étais pas vraiment là. Je revoyais le beau visage d'Olivier.

Plus tard, Harry remarqua que je n'avais presque rien avalé. Il me demanda ce qui n'allait pas et je lui répondis que je lui en parlerais un peu plus tard. Il me fit une joyeuse accolade, ce qui me redonna un peu d'espoir. Puis, la discussion changea de sujet. Sirius semblait vouloir nous en dire un peu plus, mais Mrs Weasley ne voulait rien entendre. Elle et Sirius s'engueulèrent un bon moment. Heureusement, Remus prit notre défense et Mrs Weasley céda, mais elle exigea que les autres sortent de la cuisine et moi aussi. Je protestai et Remus dit que je pouvais rester. Tout le monde protesta d'ailleurs, mais finalement, il y eut simplement Ginny qui ne put assister aux explications. Ils répondirent alors à toutes nos questions. Nous apprîmes entre autres ce que faisait l'Ordre pour mettre des bâtons dans les roues de Voldemort. Nous apprîmes aussi que Voldemort cherchait à recruter le plus de gens possible en les ensorcelant entre autres et qu'il recherchait une arme qu'il n'avait pas la dernière fois. Mrs Weasley parla alors et nous ordonna d'aller nous coucher. Elle dit que nous en avions assez entendu. En remontant à nos chambres, Harry m'attira dans une pièce pour savoir pourquoi je semblais si préoccupée. Je lui racontai alors ce que Remus m'avait dit au sujet d'Olivier. Il me rassura en me rappelant que je pourrais sans doute l'inviter à Poudlard à plusieurs reprises et qu'il me suffirait de faire attention à mes propos avec lui. Je trouvais que ce n'était pas une grande marque de confiance en lui que de tout lui cacher. Après tout, il était majeur lui. Arrivés à sa chambre, je souhaitai bonne nuit à Harry et je me mis à chercher la mienne. Heureusement, Hermione, qui partageait ma chambre tout comme Ginny, était venue à ma recherche de peur que je ne me perde. Avant de nous coucher, nous reparlâmes bien entendu de la fameuse arme dont avait parlé Sirius. Nous ne pûmes en parler longtemps puisque Mrs Weasley vint nous ordonner de dormir, ce que nous fîmes. Je remuai tout cela dans ma tête, mais je ne savais pas ce que pouvait être cette arme. Puis, je me remis à penser à Olivier. C'est imaginant nos retrouvailles que je m'endormis.

Le lendemain, il fallait apparemment aider Mrs Weasley à débarrasser une pièce infestée de Doxys. Arrivées dans cette pièce, elle nous fit mettre un mouchoir sur la bouche et elle me demanda où était Harry. Je lui répondis qu'il ne devait sans doute pas être levé, mais il arriva quelques minutes plus tard. Elle nous expliqua alors comment se débarrasser des Doxys et Sirius nous révéla que Buck, l'hippogriffe, était caché dans une pièce de la maison. Il y avait apparemment aussi un Épouvantard dans la pièce où nous étions. Au signal de Mrs Weasley, nous pulvérisâmes le liquide qu'elle nous avait donné. Je fus étonnée de voir à quoi ressemblait un Doxys. Cette tâche nous prit toute la matinée. Harry m'a semblé discuter avec Fred et Georges durant une partie du travail, mais j'étais trop loin pour les entendre et je ne pouvait pas faire de télépathie puisque je risquais d'envoyer du doxycide sur quelqu'un et ainsi le blesser. Je dus donc me résigner à attaquer les Doxys. Puis, nous venions tout juste d'arrêter pour manger un peu qu'un elfe de maison entra dans la pièce. Il était d'une laideur insoupçonnée et il s'appelait Kreattur. On l'entendait proférer des insultes contre pratiquement toutes les personnes présentes dans la maison. Il n'avait pas l'air très heureux de notre présence. Il insulta Hermione lorsqu'elle nous présenta en la traitant de Sang-de-Bourbe, mais Hermione prit sa défense. Elle voulait toujours libérer les elfes de maison. Il semblait même en vouloir à Sirius qui était pourtant son maître. Sirius lui dit alors de s'en aller et il nous montra une vieille tapisserie qu'il semblait incapable d'enlever. Elle portait cette inscription: « La Noble et Très Ancienne Maison des Black, Toujours pur ». Pourtant, le nom de Sirius ne s'y trouvait pas. Il nous expliqua que c'est sa mère qui avait brûlé son nom lorsqu'il est parti de la maison. Je trouvais dommage pour Sirius qu'il ait eu une mère si cruelle. Il nous raconta alors pourquoi il était parti et où il était allé. Il ne se sentait pas du tout à sa place dans cette famille et qu'il était allé vivre chez notre père. Puis, il nous parla de sa famille. Nous apprîmes que Tonks était sa cousine et je remarquai un nom qui me rappelait quelque chose! Narcissa. Je suivis des yeux le trait doré qui semblait la lier à quelqu'un, c'était Lucius Malefoy et sous eux, deux traits dorés, un pour Drago et un pour Émilie. Alors, Émilie était parente à Sirius. Cela me surprenait vraiment. Elle ne me l'avait jamais dit. Il faudrait éclaircir ça dès la rentrée. En plus, Bellatrix Lestrange, une prisonnière d'Azkaban, semblait être la soeur de Narcissa, donc la tante d'Émilie et de Drago. Elle ne devait pas être très fière de ça pour ne pas m'en avoir parlé. Puis, Sirius nous rappela notre audience. Ah non, pas ça! Je venais à peine de réussir à ne pas y penser. Je sentais que c'était la même chose pour Harry. Nous passâmes ensuite l'après-midi à faire le ménage des armoires qui étaient dans cette pièce.

Les corvées de ménage durèrent plusieurs jours. Ce n'était pas très réjouissant, mais ça m'empêchait de penser à notre audience au Ministère. J'avais quand même eu l'autorisation d'écrire à Olivier pour l'inviter à l'audience, toujours en promettant de ne rien révéler sur l'Ordre, ce que je trouvais encore difficile. Je continuais toujours à faire d'horribles cauchemars à propos de la mort de Cédric, mais Harry semblait préoccupé et cela m'inquiétait un peu. Il me révéla qu'il rêvait sans arrêt d'un long couloir et d'une porte verrouillée. Il m'avoua même que sa cicatrice le piquait un peu. Étrangement, la mienne ne me faisait rien. Je lui dis que ça arriverait sûrement souvent puisque Voldemort était de retour. Nous réussîmes quand même à nous amuser durant le ménage jusqu'à ce que Mrs Weasley nous dit qu'elle avait préparé nos plus beaux habits pour l'audience qui devait avoir lieu le lendemain. Un esprit de panique m'envahit. Qu'arriverait-il s'ils nous renvoyaient? Que deviendrions-nous? Harry proposa à Sirius qu'on reste avec lui, mais il ne semblait pas en être convaincu. Il disait que Dumbledore allait nous faire innocenter. Pourtant, nous ne l'avions même pas vu et il ne nous avait envoyé aucun message. Il apparut même qu'il soit venu la veille lorsque nous étions couchés. Pourquoi n'avait-il pas demandé à nous parler? Harry semblait avoir la même inquiétude que moi. Au moins, je reverrais Olivier. Je m'attachais à ce simple instant de bonheur.

Le lendemain matin, je me suis réveillée tôt. Je m'habillai sans faire de bruit, puis je descendis à la cuisine. Plusieurs personnes y étaient déjà, Mrs et M. Weasley, Sirius, Remus et Tonks. Dès qu'elle me vit, Mrs Weasley est allée me faire mon petit déjeuner. Je n'avais pas vraiment faim. Je commençais à être sérieusement nerveuse et dans ces moments-là, j'étais muette comme une carpe. Mrs Weasley déposa des toasts devant moi, mais je mangeai sans appétit. Puis, Harry arriva. Il vint s'asseoir à côté de moi, mais il ne semblait pas plus confiant que moi. Il me prit la main, ce qui voulait dire qu'il m'autorisait à lire ses pensées. Nous avions convenu de ce signe quelques jours plus tôt pour que je ne le gêne pas en lisant ses pensées quand il ne le voulait pas. Pourtant, il m'arrivait parfois de ne pas contrôler ce pouvoir et de les lire quand même, mais il savait néanmoins que je faisais des efforts pour respecter son intimité. Donc, je vis qu'il pensait que Dumbledore aurait pu venir nous chercher lui-même et que cela nous aurait encouragés . Je lui répondis que j'étais parfaitement d'accord avec lui. Ce fut enfin le temps de partir. Remus me serra dans ses bras en me disant de ne pas m'en faire, que Dumbledore arrangerait ça, mais j'avais des doutes. À mon grand étonnement, je vis Tonks lui jeter un regard admiratif. Évidemment, lorsque j'essayai de lire ses pensées, je ne pus puisqu'elle était un Auror et que les Aurors savaient sûrement comment bloquer leurs pensées. Mrs Weasley nous serra elle aussi dans ses bras et nous partîmes. Nous devions rejoindre Olivier au bureau de M. Weasley au Ministère.

Le chemin fut plutôt banal puisque nous y sommes allés à la façon des Moldus. Je suivais Harry et M. Weasley en silence. À un moment donné, M. Weasley semblait perdu. Nous étions dans un drôle de quartier qui ne me disait rien. Puis, il a retrouvé son chemin et nous a fait entrer dans une cabine téléphonique. Je me demandais bien à qui il voulait appeler, surtout que les sorciers n'utilisaient jamais le téléphone. M. Weasley nous expliqua que c'était l'entrée des visiteurs du Ministère. Je me demandais bien comment fonctionnait cette entrée. M. Weasley parla à une femme et nous reçûmes des badges nous identifiant. Puis, la cabine s'enfonça dans le sol. J'étais impressionnée par l'ingéniosité de ce système qui passait inaperçu chez les Moldus. Lorsque nous sommes sortis de la cabine, nous étions en plein hall du Ministère. Je ne savais trop quoi en penser. C'était magnifique! Je remarquai la grande fontaine en plein centre, mais surtout tout le monde qui y était. Nous avançâmes et tout à coup, un homme me demanda ma baguette. Il fallait passer par un système d'enregistrement des visiteurs. Une fois cela fait, nous sommes retournés dans la foule pour prendre l'ascenseur. Il nous fallait atteindre le niveau deux où était le bureau de M. Weasley. J'avais hâte d'y être pour voir Olivier, même si cette audience m'angoissait au plus haut point. En sortant de l'ascenseur, M. Weasley semblait marcher d'un pas de tortue. J'avais presque envie de lui pousser dans le dos pour qu'il aille plus vite. Nous croisâmes Kingsley Shackelbolt qui faisait comme si M. Weasley n'était qu'une vague connaissance et le fit venir pour lui parler. Je sautillais d'impatience, mais il fallait qu'ils aient l'air de travailler je suppose. Puis, nous sommes enfin arrivés au bureau de M. Weasley. Olivier était bien là et son visage s'illumina quand il me vit. Je lui sautai dans les bras et M. Weasley dût nous séparer pour qu'on arrête de s'embrasser. Je n'ai pas vraiment écouté ce qui s'est passé dans le bureau durant les quelques minutes qui suivirent, mais, à un moment donné, M. Weasley cria presque que nous étions en retard. Apparemment, l'heure et le lieu de notre audience avait été modifié et nous l'avons su en retard. Nous sommes alors partis très rapidement pour atteindre le Département des Mystères. Il fallait même descendre une grande quantité de marches puisque l'ascenseur ne s'y rendait pas. Rendus à la salle numéro 10 où nous devions aller, M. Weasley poussa Harry dans la salle et lui dit qu'il ne pouvait pas venir avec lui. Je le suivis, mais M. Weasley me retint. Il m'expliqua qu'il fallait qu'il fasse d'abord son témoignage avant que je fasse le mien.

Plusieurs minutes angoissantes s'écoulèrent. Olivier me tenait la main, mais ne disait pas un mot. Il semblait tout aussi stressé que moi. En plus, toujours pas de nouvelles de Dumbledore. Où était-il? C'est alors que la porte s'ouvrit et quelqu'un me dit d'entrer. Olivier ne pouvait pas venir avec moi, bien entendu. Il m'embrassa la main et me dit que ça allait bien se passer. En entrant dans la salle, je vis Harry assis dans les gradins et il semblait plutôt découragé. Heureusement, je vis que Dumbledore était là. Il me fit signe de m'asseoir. M. Fudge commença à nommer les chefs d'accusation qui étaient retenus contre moi. Ensuite, on me posa une panoplie de questions sans jamais me laisser vraiment expliquer ce qui s'était passé. Puis, Fudge me demanda d'expliquer clairement ce qui s'était passé en précisant que j'allais sûrement leur raconter la même version apprise par coeur d'une histoire abracadabrante. J'expliquai le tout en détail et une dame ajouta que c'était exactement la même version que mon frère. Fudge dit encore une fois que c'était impossible que des Détraqueurs se soient trouvés là, mais Dumbledore prit ma défense. Il invita même Mrs. Figg à témoigner. Dumbledore avait de très bons arguments, mais Fudge n'en croyait rien. Puis, une dame à l'allure un peu étrange prit la parole et elle ne semblait pas d'accord avec Dumbledore. Je ne le savais pas encore, mais j'allais avoir plus qu'un ennui avec cette femme. Néanmoins, après un plaidoyer exceptionnel, les charges qui pesaient contre nous ont été abandonnées. Nous étions libres et nous pouvions conserver nos baguettes ainsi que retourner à Poudlard.

Dumbledore disparut presque aussitôt et nous sortîmes de la salle. Olivier et M. Weasley nous attendaient et avaient l'air un peu anxieux. Je sautai au coup d'Olivier en lui disant qu'on avait été innocentés. Il était tellement heureux qu'il m'embrassa sans se soucier des gens autour de nous. M. Weasley toussota pour nous arrêter, ce que nous fîmes. Il nous dit aussi qu'il fallait retourner rapidement voir les autres pour leur annoncer la bonne nouvelle. En nous dirigeant vers la sortie, j'aperçus Émilie avec son père et le Ministre. Émilie me sourit, mais je compris qu'elle ne pouvait pas me parler en présence de son père.

Une fois sortis du Ministère, M. Weasley essaya de faire comprendre à Olivier qu'il ne pouvait pas venir avec nous pour notre sécurité ainsi que la sienne. Les adultes m'avaient fait promettre que je ne dirais rien à Olivier. J'aurais tant aimé tout lui raconter et lui permettre de venir avec nous. Par contre, je comprenais que puisqu'il était une personnalité publique, il aurait pu compromettre notre sécurité en étant suivi, ou bien pire, être victime de tout cela. En tout cas, il semblait furieux. J'essayai de lui expliquer, mais il ne voulait rien entendre. Je ne voulais pas le quitter dans cet état et je lui dis que nous retournions bientôt à Poudlard et que là, il pourrait venir me voir. Je lui dis que j'avais promis de ne rien lui dire, même si j'avais envie du contraire. C'était pour cela qu'il lui avait permis de venir avec moi. Cela le calma un peu et il m'embrassa rapidement avant de s'éloigner. Je ne me doutais pas encore que le secret de l'Ordre du Phénix serait plus difficile à gérer avec Olivier que prévu!

Durant toute la durée du chemin de retour, je pensais à Olivier. Je ne songeais même plus au fait que je retournerais à Poudlard. J'aurais voulu qu'il puisse venir avec moi. Après tout, il était majeur, lui. Harry semblait comprendre mon état et il me laissait à mes pensées. Puis, nous sommes arrivés au Scare Grimmaurd. En apprenant que nous avions été disculpés, tous se mirent soit à pleurer, soit à danser. Hermione me sauta au coup en pleurant. Elle vit bien que je n'avais pas l'air si enchantée de cette nouvelle. Je lui dis que je lui en parlerais plus tard. Lupin remarqua lui aussi mon air triste, mais lui comprit de quoi il s'agissait. Il me fit signe de m'approcher et me rassura en me disant que je pourrais sans doute le voir à Poudlard. À cause de mon inquiétude, je ne vis pas passer les journées qui nous séparaient de notre retour à Poudlard et je ne savais encore pas non plus ce qui allait m'arriver la veille de notre départ!

En effet, lorsque les autres ont reçu leur liste de fournitures scolaires pour l'année, il n'y avait pas d'enveloppe pour moi. Je n'y comprenais rien. Je suis allée immédiatement voir Mrs. Weasley pour voir s'il n'y avait pas une erreur. Elle me confirma que non et que Dumbledore passerait pour m'expliquer. Les autres semblaient se réjouir de quelque chose. Furieuse contre l'attitude de Dumbledore, je montai à l'étage pour voir de quoi il s'agissait. Hermione et Ron avait été nommés préfets. J'avoue avoir été déçue de ne pas avoir été choisie et Harry avait le même air que moi. Je lui expliquai qu'en plus, je n'avais même pas eu de liste de fournitures. Je n'y comprenais rien. Dumbledore était tombé sur la tête ou quoi? En tout cas, Mrs. Weasley organisa une petite fête et je remarquai que Lupin semblait en faire beaucoup pour me donner un peu de joie. Un peu trop même. Je partis donc dans ma chambre en attendant que Dumbledore daigne venir m'expliquer.

Finalement, il était l'heure de se coucher et Dumbledore n'était pas encore venu. Il avait quand même envoyé un hibou pour donner des instructions. Lupin vint me voir. Il était seul, mais je sentais que Harry n'était pas loin. Il venait m'annoncer que Dumbledore et l'Ordre avait décidé que, pour ma sécurité, je n'irais pas à Poudlard, mais plutôt à Beauxbâtons cette année. Quoi? Avais-je bien entendu? On aurait dit que le monde venait tout juste de s'écrouler devant moi. Je serais loin de mon frère, de mes amis et! de Olivier. Non! C'était impossible! Il devait se tromper! Je lui demandai donc de me montrer la lettre que Dumbledore avait écrite, mais il y disait seulement que ce serait Lupin qui devait m'annoncer cela et que Dumbledore viendrait lui-même me chercher le lendemain matin. Je ne suis pas du genre à piquer une crise, mais là, c'en était trop. Je me suis levée en disant qu'il n'était pas question que j'aille à Beauxbâtons et que j'irais à Poudlard que Dumbledore soit d'accord ou pas. Lupin essayait de me calmer en me disant que je pourrais sans doute en discuter avec Dumbledore. J'avais l'impression d'être un volcan prêt à exploser. Je me suis mise à tout jeter par terre en criant des insultes à Dumbledore. C'est alors qu'Harry est arrivé dans la chambre et qu'il m'a pris dans ses bras. Je me suis mise à pleurer, mais lui non plus, il ne pouvait rien faire. Lupin a remis ma chambre en ordre et Harry s'est couché avec moi. C'est en pleurant que je me suis endormie. Cette nuit-là, je fis un drôle de rêve où Olivier venait me sauver sur son balai pour m'amener à Poudlard.

Le lendemain, tout le monde se dépêchait à faire ses bagages. Moi, je prenais mon temps comme je ne savais pas trop quand je m'en irais et plus j'y pensais, plus j'étais décidée à me battre pour aller à Poudlard. Mrs. Weasley me força à faire mes bagages comme les autres. Il fallait que tout soit prêt rapidement puisqu'une escorte devait venir prendre les autres. Moi, il faudrait que j'attende Dumbledore. J'étreignis Harry en lui disant que je m'arrangerais pour être là pour le banquet. Ils partirent et moi, j'attendis, seule. Environ quinze minutes plus tard, Dumbledore arriva enfin. Il prit mes bagages et me demanda de lui prendre le bras, mais sans me regarder. Je lui répondis qu'il n'en était pas question. Je lui répondis que je voulais avoir des explications et que je ne partirais pas sans les avoir eues. Pour la première fois depuis longtemps, il me fixa. C'est vrai qu'il était plus qu'inhabituel que je conteste une consigne du directeur ou de n'importe qui d'ailleurs. Il semblait réfléchir. Après quelques minutes, il cessa de me regarder. Il m'adressa la parole, mais toujours sans m'observer. Ses explications furent courtes. Il me dit que j'aurais un grand rôle à jouer auprès de mon frère et qu'il était important que je sois cachée et surtout, loin de Harry. Il ne m'en dit pas plus et me redemanda de poser la main sur son bras. Encore une fois, je lui dis qu'il était hors de question que je sois éloignée de mon frère et de mes amis. Je lui répliquai que je ne pouvais vivre sans eux et surtout, si j'étais loin d'Olivier. Il baissa alors son bras et me dit, toujours sans me regarder, qu'il devait réfléchir à tout cela et qu'il reviendrait plus tard. Il me laissa ainsi dans le hall du Scare Grimmaurd, seule. Je suis donc retournée dans la cuisine où je pris une tasse de thé et je m'assis attendre.

L'attente fut très longue. J'étais tellement exaspérée d'attendre que je me mis à relire mon devoir d'été de métamorphose pour être bien certaine que le professeur McGonagall serait fière de moi lorsque je pourrais enfin lui remettre à Poudlard. Vers l'heure du midi, Lupin arriva. Il me dit que Dumbledore lui avait demandé de revenir plus tôt pour me tenir compagnie. Il précisa que Dumbledore avait l'air plutôt ébranlé de mon attitude, mais que j'avais raison. Puis, tous les adultes revinrent et parurent surpris de me voir. Un peu avant le souper, Dumbledore arriva sans mes bagages. J'espérais qu'il soit revenu sur sa décision. Il dit à Lupin et à Maugrey de l'accompagner. Puis, Lupin vint me chercher en me disant que j'avais convaincu Dumbledore de m'envoyer à Poudlard, mais que des adultes auraient un oeil sur moi. Nous partîmes donc par transplanage d'escorte vers Poudlard, ma vraie maison.

Heureusement, je n'avais rien manqué. Je me changeai rapidement dans la salle commune et tout le monde fut soulagé de me voir. Durant la Répartition, Harry me fit remarqué que Hagrid n'était pas là et que la drôle de dame que nous avions vu au Ministère était là. J'espérais sincèrement qu'elle n'enseigne pas un cours que j'avais pris. Puis, ce fut le temps du banquet où Harry me raconta ce que j'avais manqué dans le train et où je lui expliquai ce que j'avais fait de ma journée. Ensuite, Dumbledore fit le traditionnel discours de début d'année, mais il fut interrompu par la nouvelle enseignante à l'allure bizarre. Apparemment, elle s'appelait Dolores Ombrage et elle allait enseigner la Défense contre les Forces du Mal. J'avais hâte de savoir ce qu'elle avait à dire sur ce sujet, surtout qu'elle ne nous avait pas du tout cru lors de notre audience. Elle fit un discours plutôt étonnant qui voulait dire qu'elle serait la représentante du Ministère à Poudlard. Je sentais déjà les ennuis.

Lorsque tout cela fut terminé, j'avais hâte de retourner à la salle commune pour me reposer un peu, maintenant que j'étais où je voulais être. Émilie passa près de moi et me remis une lettre sans rien dire. Je remarquai qu'elle avait un insigne de Préfet et qu'elle dirigeait les première année de Serpentard vers leur salle commune. Je reportai mon attention vers la lettre et je la lus aussitôt. Elle voulait que je la rejoigne dans la Grande Salle dans une heure. Je lui répondis immédiatement que j'allais y être. Mais avant, il fallait que j'écrive à Olivier pour lui raconter ma journée.

Une heure plus tard, après être passée par la volière (sous la cape de mon frère), je me rendis à la Grande Salle. Je savais qu'Émilie voudrait sans doute que je lui explique ce qui m'était arrivé.

À suivre ...

Vers année 4

Vers année 6

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